jeudi 6 novembre 2014

Tahiti-Rangiroa

Mardi 4 Novembre
Enfin, Bara Gwin a repris la mer, après des semaines d'immobilité.
Hier, j'ai récupéré mon génois, révisé par un bon pro, et l'ai gréé dans la foulée. Les derniers avitaillements en produits frais effectués, nous étions fin prêts. Départ dès potron-minet, en quittant le lagon de Papeete par la passe de Punaauia, face à l'île de Moorea.

Dernière balise de la passe, Moorea en arrière-plan
La destination est l'atoll de Rangiroa, dans les Tuamotu, où j'ai rendez-vous avec mes amis de Moana, un bateau-copain. La dernière fois que nous nous sommes vus, c'était dans les Canaries à Noël dernier. Curieusement, nous avons navigué durant presque un an sans nous retrouver, alors que nous étions parfois à un jet de pierre. Dernier exemple en date, nous sommes arrivés aux Marquises le même jour, mais pas dans la même île...
Pour aller dans les Tuamotu, au départ de Tahiti, il faut aller au nord-est. Or, aujourd'hui, le vent vient du... nord-est ! Il va donc falloir louvoyer. Les marins connaissent l'adage : « le louvoyage, c'est 2 fois la distance, 3 fois le temps, 4 fois la fatigue ! » Heureusement, il n'y a que 200 milles à parcourir et le temps est superbe.

Vidéo :  http://youtu.be/OieDikRBmgM

Mercredi 5 novembre.
Oups... J'ai écrit trop vite. Le passage d'une dépression rend le vent versatile et il a plu toute la journée, parfois très fort. Mais pour positiver, je vous fais observer que la pluie est chaude et que ça fait une douche très économique.



Jeudi 6 Novembre
Arrivée de bonne heure dans le lagon de Rangiroa, après une nuit presque blanche. En effet, le passage entre l'atoll de Tikehau et celui de Rangiroa n'est large que de 6 milles. Même si j'ai récupéré un pilote fonctionnel, je ne veux pas tenter le diable et ne m'accorde que des petits sommes de 20 minutes avant de remonter sur le pont pour vérifier que tout se passe bien.
Idéalement, pour rentrer dans un lagon en sécurité, il faut embouquer la passe dans la première heure du flot. Le reste du temps, un fort courant crée des remous importants. Aujourd'hui la mer est plate et il n'y a pas de vent, je décide donc de tenter ma chance alors que nous sommes à mi-jusant. Si ça passe, ça m'évitera de faire des ronds dans l'eau pendant 3 heures. Bonne pioche, c'est vrai que ça brasse un peu et qu'il faut pousser le moteur pour contrer le courant sortant mais ça passe sans aucun danger.

Entrée de la passe, celui ci a été imprudent...

Entrée dans le lagon, les 2 perches servent d'alignement pour l'entrée

Et on se retrouve dans le turquoise à perte de vue ! Rangiroa est l'un des plus grands atolls, il pourrait contenir toute l'île de Tahiti. On n'en voit donc pas le bout et on a l'impression d'être dans une mer ouverte mais plate comme la main et de couleurs sublimes.


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